Hypnose thérapeutique et douleur

Dr. Charles COHN


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Préambule

Je me suis intéressé à l’hypnose au début 2014.
Au départ, je me suis inscrit à une formation organisée par l’association française d’hypnose (AFHyp), en fait, par curiosité, mais aussi pour faire plaisir à l’une de mes amies qui pensait que cela pourrait m’être utile.
Très sceptique au départ, j’ai rapidement compris deux choses :
- L’hypnose est un phénomène réel et extrêmement efficace
- Cette technique pouvait sans doute me servir dans ma pratique de chirurgien.
Je suis quelqu’un de pragmatique (comme se doit de l’être tout chirurgien !), et je me suis beaucoup documenté sur les études scientifiques de neuro-sciences récentes.
Ces dernières établissent sans l’ombre d’un doute, la réalité de l’état hypnotique et les techniques actuelles, s’avèrent tout à fait cohérentes, y compris dans ma spécialité.
En effet, quel est le chirurgien qui n’a jamais été confronté à des patients pour lesquels, aucune technique conventionnelle n’arrivait à atténuer leurs douleurs (algo-dystrophies, traumas, douleurs chroniques et même fibromyalgie) ?
L’hypnose thérapeutique s’avère être un outil diablement efficace dans ces cas « désespérés ».
Même s’il ne permet pas de tout guérir, il amène le plus souvent une nette régression des symptômes.
C’est pourquoi, après avoir accompli le premier cycle de formation, je me suis formé à des modules spécifiques, comme celui consacré à la douleur.
J’utilise dorénavant cet outil pour le plus grand bénéfice de certains de mes patients.

Idées reçues, Historique et définition …


Jusqu'à un passé récent, l’hypnose était considérée plus comme une pratique de music-hall qu’une option thérapeutique.
Encore aujourd’hui, si vous interrogez votre entourage, les numéros de comme ceux de Messmer, seront sans doute évoqués.
La réalité est toute autre et depuis quelques années, l’avancée des connaissances médicales concernant le fonctionnement de notre cerveau ainsi que de nombreuses études de neuro-sciences ont permis d’établir la réalité de l’hypnose (appelée également Thérapie d’Activation de Conscience, ou T.A.C) et l’on commence à présent à comprendre son mode de fonctionnement.

Oubliez donc les idées reçues et les numéros de Music-Hall de Mesmer et consorts !

Il faut savoir que dans ces numéros très spectaculaires, j’en convient, nombre de faits sont totalement faux.

Dormez ! je le veux!
> La transe hypnotique n’est pas un état proche du sommeil, mais au contraire un état particulier d’hyper-éveil

> On ne peut en AUCUN CAS forcer une personne à faire sous hypnose, une chose qu’elle refuserait de faire volontairement. Au contraire, plus la motivation du patient sera grande, plus efficace sera la thérapeutique hypnotique.

Alors me direz-vous, comment se fait-il que des personnes apparement dignes de foi se prêtent à ce type de spectacle?
La réponse est relativement simple.
1° il y a toujours des comparses.
2° l »hypnotiseur » choisit ses « victimes » en prenant pour sujets, des individus ayant un « profil social » particulier, profil qui fait que lorsqu’elles sont au sein d’un groupe, généralement devant une assemblée, et qu’elles voient les comparses agir comme si l « hypnotiseur » avait un « pouvoir » sur elles, elle ne peuvent s’empêcher de réagir de manière similaire.
De plus les « victimes » sont repérées auparavant par l « hypnotiseur » comme étant extrêmement suggestibles.


La pratique médicale de la T.A.C, utilise un certain nombre de techniques très précises et le thérapeute n’AGIT PAS SUR le patient, il lui apprend simplement et le guide dans l’apprentissage de l’AUTO-HYPNOSE.
Le travail thérapeutique est donc réalisé par le patient, PAS par le thérapeute.


Historique

Déjà dans l’antiquité,et aux premiers âges de l’humanité, les Chamans, pratiquaient une forme d’induction de transe hypnotique, souvent d’ailleurs en s’aidant de substances hallucinogènes.
La véritable histoire de l’hypnose débute au 18ème siècle et est attribuée au médecin allemand
Franz Anton Mesmer
Celui-ci décrit ce qu’il appelle le « magnétisme animal »
En 1876, le neurologue français Jean-Martin Charcot s’intéresse au sujet et l’associe avec l’Hystérie.
De grands noms de la médecine, comme Sigmund Freud, s’intéressent au sujet, mais de nombreuses polémiques font que la pratique de l’hypnose sombre dans l’oubli pendant presque un siècle.
Dans les années 1950, le psychiatre américain Milton Erickson, introduit l’hypnose « moderne », qui est à l’origine de techniques comme la Programmation Neuro-Liguistique (PNL) et des thérapies brèves.
L’avancée concomitante des connaissances médicales concernant le fonctionnement ducerveau, permet d’étudier de manière scientifique ce phénomène hypnotique.
Le CHU de Liège, en Belgique est un précurseur dans l’utilisation de l’hypnose pour la douleur, utilisant depuis de nombreuses années, ces techniques, afin d’induire une hypno-analgésie au cours d’interventions chirurgicales, ce qui permet de diminuer sensiblement la quantité de produits anesthésiants.


Définition

On peut définir l’hypnose, comme un état de conscience modifié, diffèrent de la veille et du sommeil.
Depuis la seconde moitié des années 90, cet état a été identifié et caractérisé en imagerie cérébrale (IRM fonctionnelle et PET-Scan), attestant ainsi de son existence réelle. Scientifiquement, on peut maintenant affirmer que l’état hypnotique est une réalité.

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