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L'examen d'une épaule peut se faire de manière simple. Quelques test de base permettent d'avoir une bonne idée de l'état de la coiffe. D'autre part, l'anamnèse est très importante et donne souvent des renseignements utiles qui pourront être confirmés ou infirmés par l'examen clinique
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L'anamnèse est fondamentale dans la patholgie de l'épaule.

Quelles sont les questions à poser et leur importance ?

- Les antécédents
Le patient qui a mal a l'épaule depuis plusieurs mois ou années, présente vraisemblablement une pathologie dégénérative de la coiffe

- Mécanisme déclenchant
Chute, effort de soulèvement, ayant déclenché une douleur , surtout si les douleurs existaient déjà auparavant, doivent faire évoquer une rupture de coiffe, en particulier si le patient se plaint de douleurs nocturnes.

- Caractère cyclique des douleurs
Souvent, les tendinopathies calcifiantes, entraînent des douleurs cycliques, avec augmentation progressive des douleurs, une phase paroxystique, avec quelques jours très douloureux, puis un soulagement important. Dans ce cas, faire une radio standard, permet de faire le diagnostic.

-Douleurs postérieures
Souvent, les douleurs postérieures ( au niveau du sommet de l'omoplate et du trapèze), signent une atteinte cervicale. Cele-ci, peut être à l'origine des douleurs, ou une conséquence d'une pathologie d'épaule. En effet, une épaule douloureuse, entraîne fréquemment un réflexe nociceptif avec contracture du trapèze. A la longue, on constate un retentissement sur les cervicales, surtout s'il existe une pathologie dégénérative préexistante à ce niveau, avec fréquemment, un syndrôme épaule-main.

- L'examen indispensable en cas de suspicion de rupture de coiffe, est l'arthroscanner.

Beaucoup plus fiable que l'IRM ou l'échographie, il permet de :

- confirmer l'existence de la rupture
- situer précisement son emplacement
- quantifier la taille de la rupture
- visualiser l'état du tendon autour de la rupture
• définir le grade de dégénérescence graisseuse

C'est donc l'examen de choix en cas de suspicion forte.

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Il existe un très grand nombre de tests de l'épaule, mais il suffit d'en retenir quelques-uns pour avoir une bonne idée de l'état de la coiffe et des éventuels tendons atteints.
Voici quelques tests simples qui vous permettront d'examiner les différents tendons.



Le signe de JOBE ( sus-épineux)
Testing musculaire > douloureux

Il ne s’agit pas véritablement d’un signe de conflit, mais c’est le signe le plus représentatif de l’état du sus-épineux.
L’examinateur est face au patient, ce dernier place les bras à 60° d’abduction, 30° de flexion antérieure et en rotaion interne de telle sorte que ses pouces soient dirigés vers le sol. l’examinateur demande alors au patient d’exercer un mouvement vers le haut et l’examinateur résiste en appuyant vers le bas.
Dans ces conditions, seul le sus épineux est sollicité ainsi que le deltoïde.
S’il existe une tendinite du sus épineux, cette manoeuvre déclenchera une vive douleur, s’il existe une rupture du sus épineux, quoique fasse le patient, il ne pourra résister à la pression de l’examinateur et le bras tombera. Ce test est mesuré en Kg par rapport au côté sain.


La rotation externe contrariée = RE1c ( sous-épineux)
Testing musculaire>douloureux

L’examinateur se place sur sur le côté du patient, puis lui demande de se placer coude au corps,avant-bras fléchi à 90°. On lui demande ensuite d’effectuer une rotation externe contre résistance en gardant le coude au corps. Ce test est caractéristique de la force du sous épineux.
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Le Palm-up Test ( Long biceps)
Testing douloureux > musculaire

Il consiste en une élévation anterieure contrariée du bras, coude en extension et paume de la main tournée vers le haut. En cas de tendinite du long biceps, ce test entraîne une vive douleur.

Dans la pratique, l’atteinte du sus épineux et de la longue portion du biceps sont souvent associées,


le lift-up test ( sous scapulaire)
Testing musculaire > douloureux

L’examinateur se place derrière le patient . On demande à ce dernier de mettre la main dans le dos , le plus haut possible ( pouce vers le haut). On lui demande ensuite d’écarter l’avant bras du dos contre résistance de l’examinateur.
Ce test est relativement fiable quant à la la force du sous scapulaire, il signe également une atteinte de ce dernier et , dans une mondre mesure, du long biceps en cas de douleur aigüe.
Il existe une variante de ce test appelée le LIFT-OFF: Main dans le dos et coude au corps, l’examinateur écarte passivement l’avant bras du dos et demande au patient de maintenir la position. Si cela est impossible , il existe une atteinte du sous scapulaire.
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Voici un résumé des tests proposés



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Le signe de HAWKINS

L’examinateur est devant le patient; il élève le bras du patient jusqu’à 90° de flexion antérieure stricte, coude fléchi et imprime alors un mouvement de rotation interne à l’épaule en abaissant l’avant-bras. On produit alors un conflit entre trochiter et ligament acromio-coracoïdien déclenchant une douleur immédiatement reconnue par le patient.
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Le signe de YOCUM

Le patient pose la main de l’épaule examinée sur l’épaule contro-latérale.
On lui demande alors de soulever le coude, geste qui peut être effectué contre la résistance de l’examinateur.
Si ce test décleche une douleur, il signe une souffrance du sus épineux. NB: Sa spécificité est assez médiocre.
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Il s'agit sans doute de l'un des éléments les plus importants. Elle doit être confiée à des praticiens ayant une bonne connaissance de la pathologie de l'épaule sous peine d'obtenir des examens peu fiables .

1° Les radiographies standard
Cinq incidences sont nécéssaires et suffisantes; ce sont
- Une face stricte en rotation neutre
- une face stricte en rotation interne
- une face stricte en rotation externe
- un profil de LAMY
- une incidence de LECLERC ( face en abduction active contrariée).
Cette dernière incidence est extrèmement utile en cas de rupture par la mesure de l'espace sous acromial. Si ce dernier est inférieur à 7 mm, il s'agit d'une rupture importante difficilement ou pas réparable.

2° L'échographie
peut être utile si elle est réalisé par un opérateur expérimenté. Personnellement, je lui préfère l'arthrographie opaque et l'arthroscanner qui sont beaucoup plus précis et riches d'enseignements.

3° L'arthrographie opaque
Permet d'affirmer la présence d'une rupture transfixiante , d'en préciser le site et la taille, surtout si elle est réalisée avec une quantité modérée de liquide de contraste. Elle permet également de visualiser des ruptures non transfixiantes de la face profonde de la coiffe.

4° L'arthroscanner
Permet en cas de rupture d'analyser en plus le degré de dégénérescence graisseuse des tendons de la coiffe qui est un facteur pronostique important du succès d'une éventuelle réparation chirurgicale
Des reconstructions dans le plan frontal et sagittal permettront également de bien visualiser l'importance de la rétraction tendineuse.

5° L'IRM
Cet examen me paraît trouver son utilité majeure dans les ruptures intra-tendineuses et les lésions de la face superficielle de la coiffe. Elle est à mon sens moins utile que l'arthrographie et l'arthroscanner dans les lésions transfixiantes mais doit être prescrite si ces examens se révèlent négatifs malgré un examen clinique très positif comme on peut le voir occasionellement.


A titre d'exemple, voici des clichés d'arthrographie normale et de perforation de coiffe.


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Maintenant que nous avons revu l'anatomie et la physiologie, il nous faut aborder le côté obscur qui est celui des pathologies.

La périarthrite scapulo-humérale n'a plus sa place aujourd'hui et la réalité est plus complexe.

Alors, pardonnez-moi d'avance de vous donner des informations parfois touffues et compiquées, mais vous pouvez cliquer le lien ci-dessous pour en savoir plus...
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