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La chirurgie de l'épaule donne-t-elle de bons résultats ?

Voici quelques éléments de réponse...
Jusqu'à un passé récent, la chirurgie de l'épaule avait mauvaise réputation.

Ceci était partiellement justifié et ceci pour deux raisons principales.
D'une part, l'évolution des connaissances et des techniques chirurgicales est relativement récente, et d'autre part, le désintérêt des chirurgiens pour cette articulation, faisait que les patients ayant une pathologie de la coiffe étaient pris en charge médicalement et n'étaient confiés au chirurgien qu'en dernier ressort.

Or il est avéré que par exemple, plus tôt une rupture de coiffe est opérée et meilleur est le résultat. Ceci est facile à comprendre, un tendon rompu récemment garde une bonne trophicité. Par contre, une fois rompu, ne fonctionnant plus mécaniquement, il va progressivement dégénérer, c'est à dire qu'il va progressivement perdre de sa trophicité et de sa solidité et s'infiltrer de tissus graisseux. S'il est réparé à ce stade, l'intervention sera plus complexe et le résultat plus aléatoire.

Heureusement les choses ont changé, et dorénavant les procédures sont bien codifiées.

Voici donc quelques conseils généraux pour obtenir un bon résultat.
La coiffe

• Une rupture transfixiante du tendon est une indication de réparation chirurgicale. Il ne faut donc pas tarder une fois le diagnostic posé. Ces lésions ne guérissent jamais spontanément et s'aggravent au contraire avec le temps.
Plus la réparation sera précoce, meilleur sera le résultat.

• La motivation du patient est également importante. La rééducation est longue et pénible et un patient peu motivé progressera souvent moins vite et aura plus de risques de développer une algo-dystrophie.

• Pour rappel, vous trouverez ci-contre le tableau récapitulatif des facteurs favorables et défavorables.

Si les conditions sont favorables, le résultat est habituellement excellent et se maintient dans le temps.

• Les lésions de la face profonde ou lésions partielles, non transfixiantes, semblent signer l'existence d'un tendon pathologique. Ces lésions évoluent très fréquemment vers une rupture complète.
Il est donc conseillé de les opérer si le traitement médical est inefficace.

• Il en est de même pour les calcifications diffuses infiltrantes, qui sont probablement le reflet d'un dépôt calcique sur un tendon inflammatoire et pathologique.

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Les lésions des bourrelets

Donnent un résultat tout à fait similaire à celui des traitement des ménisques par technique arthroscopique, à condition que la lésion soit isolée.






Les instabilités chroniques


Le résultat est bon si l'indication est bien posée.
Si le patient est jeune (moins de 20 ans), pratique des activités risquant de solliciter fortement l'épaule (sport ou profession), ou encore s'il existe une lésion osseuse associée, une stabilisation de type Bankart sous arthroscopie est contre indiquée et faudra lui préférer une butée.

Globalement le taux de récidive d'une instabilité après butée est l'ordre de 5%, celui des Bankart sous arthroscopie de 15 à 25% selon les séries.
Les prothèses

• Les prothèses de 4eme génération ont grandement amélioré les résultats cliniques. Il reste encore à régler quelques problèmes sur les prothèses inversées.
La principale inconnue reste l'évolution à long terme de ces prothèses, mais on peut raisonnablement espérer que leur durée de vie devrait dépasser les 15 à 20 ans.

• Dans les nécroses aseptiques, l'indication est celle d'une prothèse de resurfaçage. Les résultats sont excellents et si nécessaire sur le long terme, la totalisation de la prothèse reste assez simple à effectuer.

• L'omarthrose centrée avec conservation de la coiffe permet d'obtenir de très bons résultats, à la fois sur la douleur et la mobilité fonctionnelle suite à l'implantation d'une prothèse de resurfaçage si la glène est intacte ou d'une prothèse totale anatomique si le cartilage glénoïdien est atteint..

• L'omarthrose excentrée bénéficiera de la mise en place d'une prothèse inversée. Le résultat sera fortement dépendant de la motivation du patient et de la trophicité du deltoïde.
Si parfois, le résultat fonctionnel est décevant, ces prothèses permettent néanmoins d'avoir un bon résultat sur la douleur.

• Les fractures de type Neer 4 et parfois 3 bénéficieront d'une prothèse si le patient a plus de 60 ans. Cette prothèse pourra être anatomique ou inversée, selon que le patient aura encore ou non une coiffe continente.
Le résultat est généralement bon, sauf si le nerf circonflexe a été lésé lors du traumatisme initial. Si c'est le cas, on assistera dans les mois suivant le traumatisme à une fonte du deltoïde antérieur avec un mauvais résultat fonctionnel.

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En conclusion, la chirurgie de l'épaule peut donner de très bons résultats...

En dehors des facteurs purement techniques et anatomiques, ces résultats sont fonction d'un travail bien fait et coordonné du chirurgien, mais aussi du rééducateur et du patient.
Si l'un de ces trois acteurs ne respecte pas les règles, le résultat final s'en trouvera fortement dégradé !

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